l'histoire de Saint-Florent

 

Voici donc St Florent, escale romaine, évêché médiéval, place génoise, base redoutable… L'archéologie signale que ce territoire était déjà occupé au néolithique ancien. Les chroniqueurs parlent de l'existence, à un kilomètre à l'ouest de la cité actuelle de la ville romaine de Cersunum.Prospère durant le haut Moyen Age, la ville qui avait pris le nom de Nebbio, fut édifiée sur le site de l'ancienne cité romaine, puis ruinée et détruite par les Sarrasins au XIIIème s. Elle resta toutefois le siège d'un évêché jusqu'au XVIème s.. Les évêques de Nebbio jouissaient du titre de comte et, à ce titre, avaient le droit de porter l'épée, et d'officier avec deux pistolets posés sur l'autel

En 1440, les Génois déplacèrent la ville en bordure du golfe, et la renforcèrent au XVIème s. par la construction, par Janus Campofregoso, de la citadelle génoise, résidence du gouverneur de la province du Nebbio,et qui permet d'assurer le contrôle du commerce maritime.

Disputée entre les Génois et les Aragonais, la ville fut prise, en 1553, par un corps expéditionnaire français embarqué sur des galères franco-turques, mené par le maréchal de Termes. Celui-ci avait été chargé par Henri II d'épauler Sampiero Corso dans sa lutte contre les Génois. La citadelle, aussitôt prise, fut puissamment fortifiée, mais, en 1554, les Génois, aidés par Charles Quint, le duc de Toscane et le duc de Milan, confièrent une flotte puissante à l'amiral Andrea Doria, alors nonagénaire, qui vint attaquer St Florent, défendue par Giordano Orsini (Jourdan des Ursins). Celui-ci soutint un siège meurtrier, qui coûta la vie à deux mille Génois, mais dut capituler en raison de la famine, une flotte de secours française n'ayant pu entrer dans le port. St Florent se rallia à Paoli en 1751. En 1794, Paoli, déclaré traître à la République par la Convention, fit appel à l'Angleterre. Le 15 Juin, un consulte réuni à Corte vota une constitution remettant l'île au roi Georges III. Sir Gilbert Elliot en devenait le vice-roi. La flotte de Lord Hood bombarda la citadelle, mais il fallut une attaque concertée pour obtenir sa reddition. L'île fut reprise par le Directoire en 1796. La flotte anglaise mouilla fréquemment dans le golfe, en dépit de la houle fréquente et de la mauvaise tenue. Nelson appréciait sa valeur stratégique, disant : "Donnez-moi le golfe de St Florent, et j'empêcherais qu'un seul vaisseau sorte de Marseille ou de Toulon". En 1794, le sloop "Fleche", de 14 canons, fut jeté contre les récifs de la tour de Fornali. En 1797, le HMS "Berwick", de 74 canons, perdit ses trois mâts en raison de la forte houle, et fut capturé par les Français. Le 14 octobre 1795, Pascal Paoli s'embarqua pour une second exil, à St Florent, à bord d'une frégate anglaise à destination de Livourne puis de Londres. Une foule nombreuse était venue saluer le "Père de la Patrie", tandis que sir Elliot, gouverneur de l'île, lui faisait rendre les honneurs militaires. Au XIXème s., St Florent n'était qu'une bourgade à moitié abandonnée, décimée par la malaria et dont le port, ensablé, n'abritait que des barques de pêcheurs. Les marais furent asséchés au Second Empire, mais l'accès du port resta longtemps difficile en raison d'un ensablement constant. En 1935 encore, St Florent était réputé ne pas avoir de port, les bateaux s'abritant en rade de Fornali. Le mouillage est de qualité, le terroir agricole proche et prospère.

St Florent est la patrie :